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Des centaines de migrants ont manifesté dans la ville de Ceuta, sous administration espagnole, pour demander aux autorités de leur permettre de déposer des demandes d'asile et de ne pas les renvoyer au Maroc, après une vague de passages massifs sans précédent que la région a connue il y a environ deux semaines.
On estime que le nombre de migrants encore présents à Ceuta se situe entre 5 000 et 8 000 personnes, alors que plus de 72 000 d’entre eux étaient entrés dans la ville lors de la dernière vague de passages, avant que la plupart ne retournent volontairement au Maroc dans les jours qui ont suivi.
Manifestation sur la plage et revendications de solutions
Les manifestants ont organisé leur rassemblement sur la plage « El Trampolín » et ont brandi des drapeaux espagnols ainsi que des banderoles réclamant de ne pas être renvoyés au Maroc, tout en scandant des slogans appelant à trouver une solution à leur situation juridique et humanitaire.
Beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions difficiles près de la plage ou à la périphérie de la ville, dans l’attente d’une occasion de rejoindre le continent espagnol ou de régulariser leur situation.
Certains migrants ont déclaré dormir à la belle étoile près de la mer, exposés au froid et à de mauvaises conditions sanitaires, tandis que d’autres ont évoqué leur désir de travailler et de s’installer en Europe en raison des faibles salaires et de la difficulté à se construire un avenir dans leur pays d’origine.
Madrid refuse le séjour légal sauf dans des cas limités
Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a affirmé que les personnes entrées illégalement à Ceuta ne seraient pas autorisées à rester, à se rendre sur le continent espagnol ni à obtenir un statut légal, sauf dans de rares cas liés à une extrême vulnérabilité.
Cette position suscite des craintes chez de nombreux migrants quant à leur renvoi au Maroc, alors que certains d’entre eux réclament un examen individuel de leurs demandes d’asile.
Parmi les manifestants figurent des personnes venues du Maroc, du Nigeria, du Bangladesh et du Sénégal ; certaines ont déclaré avoir fui des conditions sécuritaires ou économiques difficiles au cours de voyages qui ont duré des mois et les ont fait traverser plusieurs pays avant d’arriver à Ceuta.
Les services de santé sous pression
La présence de milliers de migrants dans la ville a accru la pression sur les services publics, en particulier dans le secteur de la santé.
Un responsable médical local a déclaré que les professionnels de santé étaient confrontés à un épuisement croissant, avec l’apparition de cas de diarrhée contagieuse et de gale, ainsi qu’une augmentation des blessures dues aux actes de violence.
De son côté, la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, a refusé de parler d’un effondrement des services de santé, mais a reconnu qu’ils subissaient une pression évidente, soulignant que le risque d’épidémies parmi les migrants était moyen, tandis qu’il restait faible pour la population de Ceuta.
La crise reste d’actualité, compte tenu de la présence persistante de milliers de personnes dans la ville et de l’absence de solution rapide concernant leur statut juridique ou la possibilité de leur transfert vers le continent espagnol.
