L’armée afghane a annoncé mercredi le début d’opérations militaires intensives contre les positions pakistanaises à la frontière orientale, en réponse directe aux récentes frappes aériennes meurtrières d’Islamabad à l’intérieur du territoire afghan.
Wahidullah Mohammadi, porte-parole de l’armée pour l’est de l’Afghanistan, a déclaré dans une allocution vidéo : « En réponse aux frappes aériennes pakistanaises sur Nangarhar et Paktia… « Le Frontier Corps […] dans la région orientale a commencé à lancer des attaques intensives contre les positions pakistanaises », a déclaré le porte-parole de l’armée, Wahidullah Mohammadi, dans une allocution vidéo.
Cette escalade intervient quelques jours seulement après que l’armée pakistanaise a mené des frappes aériennes visant des zones frontalières dans les provinces de Nangarhar et de Paktia, qui ont fait des morts et des blessés du côté afghan, a rapporté l’AFP, citant des sources locales.
Les tensions frontalières s’intensifient entre les deux pays
Ces événements sont les derniers d’une longue série d’affrontements frontaliers entre l’Afghanistan et le Pakistan, qui se sont considérablement aggravés depuis que les talibans ont pris le pouvoir à Kaboul en 2021. Islamabad accuse Kaboul de servir de refuge au Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), qui mène fréquemment des attaques à l’intérieur du territoire pakistanais.
Les autorités afghanes nient ces accusations et accusent l’armée pakistanaise d’avoir franchi la frontière à plusieurs reprises et d’avoir pris pour cible des civils afghans.
Contexte régional et craintes d’une extension du conflit
Cette évolution suscite des inquiétudes croissantes quant à la possibilité que la tension frontalière se transforme en un conflit ouvert entre les deux pays, compte tenu notamment de la fragilité des conditions de sécurité dans la région frontalière. Il est à craindre que toute nouvelle escalade n’entraîne des répercussions humanitaires majeures, tout en compliquant le paysage régional impliquant de multiples parties internationales.
Ces événements surviennent à un moment où plusieurs pays régionaux et internationaux cherchent à contenir la tension entre Kaboul et Islamabad, craignant que le conflit n’affecte la stabilité de l’Asie du Sud dans son ensemble.