Plusieurs États mexicains ont connu une vague de violence sans précédent quelques heures après que le chef du plus grand cartel de la drogue du pays, Nemesio Osguera Cervantes, connu sous le nom de « El Menchu », a été tué par l’armée mexicaine dimanche dernier.
Des hommes armés fidèles au gang Jalisco New Generation (CJNG) ont bloqué un certain nombre de routes principales dans plus de six États, brûlant des dizaines de voitures, de magasins et de gares, tandis que les autorités ont forcé les citoyens et les touristes à rester chez eux ou à l’hôtel.
Dans la célèbre station touristique de Puerto Vallarta, sur la côte pacifique, des dizaines de vols de compagnies aériennes internationales, dont Air Canada, United Airlines et Mexican Airlines, ont été annulés après que d’épais panaches de fumée eurent recouvert la ville, et les images de touristes stupéfaits photographiant les incendies sont devenues le symbole du chaos qui s’est emparé de la région.
Des représailles organisées et la menace d’une nouvelle effusion de sang
Reuters a cité un membre du gang, qui a requis l’anonymat, déclarant que l’incendie et les tirs étaient des « représailles directes à l’assassinat du chef par le gouvernement ». Ajouté : « Au départ, la cible était le gouvernement et le mécontentement de la population, mais dans les prochains jours, nous assisterons à des liquidations internes entre des groupes cherchant à contrôler le vide laissé par la mort d’El Menchu.
Cette vague de violence coordonnée est un spectacle familier pour les Mexicains qui ont vécu deux décennies de guerre contre la drogue, avec des fermetures massives de routes et des incendies criminels qui se répètent chaque fois qu’un leader important est tué ou capturé.
Sécurité et contexte touristique
Puerto Vallarta se trouve à environ cinq heures de route de la ville de Tapalpa, où Usguerra a été tué, et est l’une des principales destinations touristiques du Mexique. Les autorités n’ont pas émis d’avertissement officiel de fermeture de la station balnéaire, mais les compagnies aériennes ont choisi d’annuler les vols par crainte que la situation ne se détériore.
Ces événements démontrent une fois de plus la force et la capacité de réaction rapide et organisée du CJNG, même après la mort de son chef, et relancent le débat sur l’efficacité de la stratégie du gouvernement contre les cartels qui contrôlent de larges pans du pays.