La Tunisie a officiellement lancé la troisième et dernière phase du HPMP lors d’un atelier national qui s’est tenu récemment dans la capitale, organisé conjointement par l’Agence Nationale pour la Protection de l’Océan et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI).
Cette phase s’étend de 2026 à 2030 et vise à éliminer complètement l’utilisation de réfrigérants nocifs qui contribuent à l’érosion de la couche d’ozone et exacerbent le réchauffement climatique, conformément aux obligations internationales de la Tunisie en vertu du protocole de Montréal et de son protocole de Kigali.
Les participants à l’atelier – experts techniques, représentants de l’industrie et associations professionnelles – ont souligné que cette phase n’est pas seulement environnementale, mais qu’elle constitue également une réelle opportunité économique pour moderniser le secteur de la réfrigération et de la climatisation, améliorer son efficacité énergétique et renforcer la compétitivité des entreprises tunisiennes sur les marchés intérieurs et extérieurs.
Le programme repose sur plusieurs piliers stratégiques clés :
- Mettre en place un système national intégré pour la récupération, le recyclage et la régénération des réfrigérants contrôlés afin de minimiser les émissions non contrôlées et de soutenir la transition vers une économie circulaire.
- Encourager le passage à des réfrigérants naturels (par exemple l’ammoniac, le CO2, les hydrocarbures), qui n’ont aucun impact sur la couche d’ozone et ont une grande efficacité énergétique, par le biais d’incitations financières et techniques pour les usines et les entreprises.
- Mettre en œuvre des projets pilotes dans les secteurs de la pêche et de l’alimentation – deux des plus gros consommateurs de systèmes de réfrigération à grande échelle – afin d’optimiser leurs performances environnementales et économiques et de renforcer leur capacité d’exportation.
- Promouvoir la dimension sociale et l’égalité des sexes en intégrant les femmes dans les professions techniques liées au secteur de la réfrigération et de la climatisation et en proposant des cours de formation spécialisés sur les technologies modernes et les réfrigérants alternatifs respectueux de l’environnement.
La Tunisie a commencé à mettre en œuvre le protocole de Montréal il y a plus de vingt ans et a réussi jusqu’à présent à réduire la consommation de substances appauvrissant la couche d’ozone de plus de 99 % dans certains secteurs, ce qui en fait un modèle régional dans ce domaine.
La phase finale (2026-2030) est une occasion cruciale de clore le dossier des polluants une fois pour toutes, tout en réalisant des gains économiques et environnementaux durables grâce à une réduction de la consommation d’énergie et des émissions et à la création d’emplois verts dans le secteur en pleine évolution de la réfrigération.