Les manifestations étudiantes se sont intensifiées en Inde à la suite de la fuite des sujets d’examen d’admission aux facultés de médecine, se transformant en une crise politique qui a poussé les députés de l’opposition à perturber les séances du Parlement et à exiger la démission du ministre de l’Éducation, Darmentra Pradhan.
Les manifestations ont débuté au mois de juin 2026 après la révélation d’une fuite des sujets de l’examen national d’admission, connu sous le nom de « NEET », une affaire qui a touché environ deux millions d’étudiants ayant passé cet examen en vue de leur admission dans les facultés de médecine. Le mouvement a pris de l’ampleur ces derniers jours pour devenir l’une des vagues de colère de la jeunesse les plus marquantes auxquelles le Premier ministre Narendra Modi a dû faire face depuis son arrivée au pouvoir en 2014.
Les députés de l’opposition, menés par Rahul Gandhi, se sont rassemblés devant le bâtiment du Parlement à New Delhi, vêtus de noir et brandissant des pancartes réclamant le départ du ministre de l’Éducation. Après être entrés dans les salles du Parlement, ils ont demandé que soient abordées les fuites concernant les examens ainsi que ce qu’ils ont qualifié de violences policières à l’encontre des manifestants, ce qui a entraîné la suspension temporaire des séances.
Des dizaines de milliers de jeunes étaient descendus dans les rues de la capitale lundi, avant que des affrontements n’éclatent avec les forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques pour les repousser et les empêcher d’avancer vers le Parlement. La police a également interpellé Rahul Gandhi, sa sœur Priyanka Gandhi Vadra et plusieurs dirigeants de l’opposition lors d’un sit-in organisé près de la résidence de M. Modi, avant de les relâcher par la suite.
Les manifestations se sont étendues au-delà de New Delhi pour toucher plusieurs villes et régions, notamment Mumbai, Bengaluru, Kolkata, Goa, Guwahati, Thiruvananthapuram, Jammu et Ahmedabad, ce qui témoigne de l’ampleur de la colère parmi les jeunes et les étudiants.
Alors que les tensions persistent, la société Metro Delhi a annoncé la fermeture de 16 stations situées dans les quartiers centraux de la capitale jusqu’à nouvel ordre, en raison des préoccupations sécuritaires liées aux manifestations et aux rassemblements qui se poursuivent.
Dans sa première déclaration depuis l’intensification des appels à sa démission, le ministre de l’Éducation, Darmandra Pradhan, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à débattre de la crise liée à l’examen « NEET » et à répondre aux préoccupations réelles des jeunes au sein du Parlement ; il s’est également engagé à mettre en œuvre des réformes du système d’examens. En revanche, il a accusé l’opposition d’utiliser les étudiants dans le cadre d’une campagne politique contre le gouvernement.
Âgé de 57 ans, M. Pradhan est l’une des figures de proue du parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), et a occupé plusieurs postes ministériels depuis 2014, avant d’être nommé ministre de l’Éducation en 2021. Ni M. Modi ni le parti au pouvoir n’ont jusqu’à présent donné suite aux demandes visant à obtenir sa destitution, ce qui, selon les analystes, témoigne de son poids au sein du parti.
Le mouvement de protestation actuel a vu le jour sous le nom de « Parti du Peuple des Cafards », après avoir débuté sous la forme d’une campagne satirique sur Internet à laquelle ont participé des centaines de jeunes, avant que sa popularité ne s’étende et qu’il ne devienne une tribune permettant d’exprimer le mécontentement face aux fuites d’examens et au manque d’opportunités d’emploi.
Selon certains observateurs, ces manifestations pourraient déboucher sur un défi politique et social plus large pour le gouvernement Modi, car elles touchent à des questions sensibles pour une grande partie de la jeunesse, notamment l’avenir de l’éducation, l’intégrité des examens, le chômage et les difficultés d’accès à l’emploi.
