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La Tunisie et la Libye s'apprêtent à relancer un projet commun d'exploration pétrolière et gazière en Méditerranée, en lançant un appel d'offres international visant à sélectionner des partenaires pour investir dans une zone maritime d'une superficie d'environ 3 000 kilomètres carrés, ainsi que pour le développement du gisement de pétrole et de gaz de « Zarat ».
La société conjointe tuniso-libyenne Joint Oil a annoncé la mise à jour du calendrier de l’appel d’offres, dont l’ouverture officielle est prévue le 7 septembre 2026 et qui se poursuivra jusqu’à fin décembre, la date limite de dépôt des offres étant fixée au 8 janvier 2027. Les entreprises retenues devraient être annoncées en février, avant l’attribution définitive des contrats d’ici fin avril 2027.
Une zone maritime de 3 000 kilomètres carrés
Le projet comprend deux volets principaux. Le premier concerne l’exploration au sein du « Joint Oil Block », une zone maritime située dans le bassin de Gabès-Tripoli, à la frontière maritime entre la Tunisie et la Libye, où la profondeur de l’eau varie entre 80 et 120 mètres.
Des données géologiques importantes sont déjà disponibles pour cette zone, comprenant environ 6 500 kilomètres de levés sismiques bidimensionnels et 1 900 kilomètres carrés de levés tridimensionnels, ainsi qu’un certain nombre de puits déjà forés.
Quant au deuxième axe, il concerne le développement de la découverte de « Zarat » en tant que gisement intégré de pétrole et de gaz, et nécessite l’élaboration d’un modèle industriel et financier permettant de passer de la phase de découverte à celle de l’exploitation commerciale.
Une localisation proche des gisements et des installations existantes
La région revêt une importance supplémentaire en raison de sa proximité avec plusieurs gisements de pétrole et de gaz connus des deux côtés, notamment Al-Bouri, Al-Jarf et Bahar Al-Salam en Libye, ainsi que Hachdroubal, Ashtar, Miskar et Didon en Tunisie.
Cette proximité avec les infrastructures existantes pourrait contribuer à réduire les coûts de développement du projet à l’avenir, notamment en ce qui concerne le traitement et le transport des hydrocarbures, ainsi que leur raccordement aux installations d’exportation.
Une nouvelle tentative après l’échec du projet de 2023
Ce n’est pas la première tentative visant à attirer des investisseurs vers ce projet : une initiative similaire avait été lancée en 2023, mais elle n’avait pas réussi à attirer un nombre suffisant de partenaires.
Cette fois-ci, la coentreprise espère tirer parti de l’amélioration du climat d’investissement régional et du regain d’intérêt des entreprises énergétiques internationales pour les opportunités d’exploration en Afrique du Nord.
Une importance particulière pour la Tunisie
Ce projet représente une opportunité majeure pour la Tunisie à un moment où les niveaux de production locale de pétrole et de gaz sont en baisse et où le pays continue de dépendre des importations d’énergie, ce qui exerce une pression sur la balance commerciale.
Si les opérations d’exploration et de développement de « Zarat » aboutissent et débouchent par la suite sur une production commerciale, le projet pourrait contribuer à renforcer les ressources énergétiques locales. Ces résultats restent toutefois à long terme, car aucun partenaire n’a encore été sélectionné et aucune décision d’investissement définitive n’a été prise.
Joint Oil devrait présenter le projet aux investisseurs lors d’un événement international qui se tiendra à Londres en septembre, parallèlement à l’ouverture officielle de l’appel d’offres aux entreprises intéressées.
