Le Maroc est entré dans la course pour accueillir une épreuve du championnat du monde de Formule 1, grâce à un projet sportif et touristique d'envergure proposé près de la ville de Tanger, dans le cadre d'une compétition qui l'oppose au Rwanda et à l'Afrique du Sud pour ramener le championnat sur le continent africain.
Selon des sources spécialisées, la direction de la Formule 1 n’a pas encore décidé quel pays accueillera la première course africaine depuis plus de trois décennies, tandis que le projet marocain doit encore obtenir l’accord définitif avant de passer à la phase de mise en œuvre.
Le coût total du projet est estimé à environ 1,2 milliard de dollars et comprend la construction d’un circuit international capable d’accueillir des courses de Formule 1, de « MotoGP » et le championnat du monde d’endurance.
Le projet marocain ne se limite pas à la construction d’un circuit, mais comprend également des hôtels, un parc d’attractions, un centre commercial et un port de plaisance, dans le but de développer une destination touristique et sportive fonctionnant toute l’année.
Le projet est dirigé par Éric Boullier, ancien directeur des écuries McLaren et Lotus et ancien directeur du Grand Prix de France, qui l’a décrit comme une version à plus petite échelle de l’expérience d’Abu Dhabi, compte tenu de la diversité de ses installations et du fait qu’il ne se limite pas à une seule course annuelle.
Selon la même source, le projet a réussi à lever des investissements privés estimés à environ 800 millions de dollars, mais il attend toujours les autorisations officielles nécessaires avant d’entamer les phases opérationnelles.
L’emplacement proposé, à proximité du port de Tanger-Méditerranée, constitue l’un des principaux atouts du dossier marocain, en raison de sa proximité avec l’Europe et de sa capacité à faciliter le transport des voitures des écuries ainsi que de leurs équipements et de leur matériel logistique.
De son côté, le Rwanda a officiellement annoncé sa candidature en décembre 2024, avec un projet de circuit permanent près de l’aéroport international de Bugesera, dont la conception est confiée à l’ancien pilote de Formule 1 Alexander Wurz.
Cependant, le dossier rwandais fait l’objet de pressions politiques en raison des tensions avec la République démocratique du Congo, qui a demandé à la direction de la Formule 1 de suspendre ses discussions avec Kigali suite à des accusations liées au conflit dans l’est du Congo.
Quant à l’Afrique du Sud, elle mise sur le retour de la course sur le circuit de Kyalami, après sa modernisation et sa mise aux normes de la Fédération internationale de l’automobile.
Le Maroc avait déjà accueilli une manche du championnat du monde de Formule 1 en 1958, tandis que la dernière course du championnat disputée sur le continent africain s’est déroulée en Afrique du Sud en 1993.
Ainsi, le dossier marocain s'appuie sur un projet touristique et d'investissement intégré, face à l'expérience historique de l'Afrique du Sud et à l'ambition officielle du Rwanda, dans l'attente de la décision de la direction de la Formule 1 concernant sa prochaine destination africaine.
