Les autorités britanniques ont approuvé l’opération d’acquisition de « Paramount Skydance » par « Warner Bros. Discovery », d’un montant de 110 milliards de dollars, après que celle-ci eut satisfait aux critères en matière de concurrence et d’intérêt général.
L’Autorité britannique de la concurrence et des marchés a annoncé, le jeudi 6 août 2026, qu’elle avait autorisé l’opération au terme de la première phase de l’enquête, après avoir conclu qu’elle n’entraînerait pas de diminution substantielle de la concurrence sur les marchés concernés.
L’étude britannique a porté sur l’impact d’une éventuelle fusion dans les domaines de la distribution cinématographique, des services de télévision en streaming, des plateformes de visionnage en ligne et des chaînes pour enfants.
L’Autorité a conclu que le nouveau groupe ne disposerait ni de la capacité ni de la motivation suffisantes pour affaiblir ses concurrents ou restreindre les choix offerts aux téléspectateurs au Royaume-Uni.
Le gouvernement britannique a également décidé de ne pas ouvrir d’enquête plus approfondie concernant l’intérêt général, après avoir obtenu du PDG de Paramount, David Ellison, des engagements juridiques contraignants quant à l’indépendance des médias appartenant au groupe.
Ces engagements prévoient notamment le maintien d’identités éditoriales distinctes pour les services et chaînes opérant au Royaume-Uni, y compris les chaînes pour enfants, ainsi que la non-fusion de la direction éditoriale de « Channel 5 News » avec celle de « CNN International » ou de « CBS News ».
Paramount s’est également engagée à poursuivre ses investissements dans la production audiovisuelle et cinématographique britannique, afin d’apaiser les craintes concernant l’impact de cette opération sur l’emploi, la pluralité des médias et l’industrie locale du contenu.
Cette opération réunit deux des plus grands acteurs du secteur du divertissement et porte sur des actifs tels que « Warner Bros. Pictures », « CNN », « HBO Max » et « TNT Sports », ainsi que les studios Paramount, le réseau « CBS » et la plateforme « Paramount+ ».
L’Union européenne avait approuvé cette opération en juillet, sous certaines conditions, dont les principales étaient que Paramount cède sa participation dans le projet de distribution cinématographique mené conjointement avec « Universal Pictures » et s’abstienne de conclure des accords similaires avec cette dernière dans l’Espace économique européen pendant une période de dix ans.
Paramount s’est félicitée de l’accord britannique, le qualifiant d’étape importante vers la conclusion de l’opération, qui a également reçu le feu vert des autorités de régulation de plusieurs pays.
Toutefois, cette opération se heurte encore à un obstacle juridique majeur aux États-Unis, où douze États, menés par la Californie, ont intenté une action en justice pour s’y opposer, au motif qu’elle risquerait de restreindre la concurrence et d’accroître la concentration de la propriété des médias.
Le procès concernant les objections américaines devrait débuter en mars 2027, ce qui pourrait retarder la conclusion de l’opération et alourdir la charge financière pesant sur Paramount si la procédure s’éternise.
