Les coupures de courant récurrentes commencent à peser sur l’activité industrielle en Tunisie, plusieurs entreprises ayant subi d’importantes pertes financières et de production, tandis que certaines sociétés ont été contraintes de suspendre temporairement leurs activités en raison de l’arrêt des équipements et des chaînes de production.
Le président de la Fédération des petites et moyennes entreprises industrielles, Wissam Ben Omar, a déclaré que les coupures d’électricité entraînaient l’arrêt des machines et l’interruption des cycles de production, ce qui se traduisait par une perte d’heures de travail rémunérées sans production effective. De plus, certaines matières premières et certains produits semi-finis risquent d’être endommagés en raison de cet arrêt soudain.
Les pertes ne se limitent pas à la période d’interruption elle-même, car les entreprises doivent supporter des frais supplémentaires lors de la remise en service des équipements et de la reprise de l’activité. De plus, certaines machines sensibles peuvent être affectées par ces arrêts répétés, ce qui augmente les coûts de maintenance et accentue la pression financière sur les entreprises.
Ces interruptions ont également entraîné des retards dans l’exécution des commandes et rendu difficile le respect des délais de livraison convenus avec les clients. M. Ben Omar a averti que la persistance de cette situation risquait de nuire à la confiance des clients, notamment sur les marchés étrangers, et d’affaiblir la compétitivité des entreprises tunisiennes exportatrices.
Ce responsable a critiqué l’absence d’un programme clair précisant les horaires des coupures d’électricité, estimant que l’absence de préavis empêche les industriels d’organiser leurs processus de production, de protéger leurs équipements et leurs matières premières, et de répartir leurs ressources humaines de manière à limiter les pertes.
Il a appelé à la publication d’un calendrier précis des coupures, indiquant les zones concernées et les horaires prévus, afin de permettre aux usines d’adapter leurs horaires de travail, de reporter certaines opérations sensibles et de se préparer à arrêter les machines en toute sécurité, plutôt que de les voir s’arrêter brusquement.
Il a également proposé la mise en place d’un indicateur national permettant de mesurer le coût économique des coupures d’électricité, avec la participation des ministères, des structures compétentes, des universités et des centres de recherche. Cet indicateur a pour objectif d’évaluer les pertes réelles subies par les différents secteurs pour chaque heure de coupure et de fournir des données utiles à la prise de décision.
M. Ben Omar a également demandé que soit étudiée la possibilité d’exempter les zones industrielles des coupures de courant périodiques dès lors que les capacités techniques du réseau le permettent, compte tenu de leur rôle dans la production, l’exportation, la création d’emplois et la création de valeur économique.
