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L'Iran a subordonné la réouverture du détroit d'Ormuz à la navigation commerciale au respect par les États-Unis d'une série d'exigences, alors que Téhéran a annoncé être sur le point de conclure un accord définitif avec la Sultanat d'Oman concernant la définition de nouvelles voies de navigation à travers ce passage maritime stratégique.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé que l’accord avec Oman en était à ses « dernières étapes », mais il a souligné dans le même temps que la réouverture du détroit n’aurait pas lieu tant que Washington n’aurait pas satisfait aux conditions posées par Téhéran.
L’accord irano-omanais devrait définir les nouvelles routes que les navires emprunteront lors de la reprise de la navigation, une fois que les États-Unis auront satisfait aux exigences iraniennes et que le détroit aura été rouvert au trafic commercial.
Un responsable américain avait révélé que l’Iran et Oman étaient sur le point de conclure un accord qui pourrait ouvrir la voie au rétablissement d’un passage sûr dans le détroit d’Ormuz, qui constituait l’un des principaux couloirs mondiaux de transport de pétrole et de gaz avant que Téhéran ne le ferme en réponse aux attaques américaines et israéliennes qui ont débuté fin février.
L’Iran réclame des indemnités et la levée des sanctions
M. Araji a souligné que l’une des conditions principales à la réouverture du détroit consistait en le versement par les États-Unis d’indemnités pour les dommages que Téhéran affirme avoir subis à la suite des attaques américaines de grande envergure sur le territoire iranien.
Mohammad Baqer Zolqadr, secrétaire de la Haute Commission de sécurité nationale iranienne, a également présenté une série d’autres exigences que Téhéran juge indispensables pour aller de l’avant vers la réouverture de ce passage maritime.
Ces exigences comprennent la cessation des nouvelles menaces américaines contre l’Iran, la fin de ce que Téhéran qualifie d’agressions dirigées contre lui et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak, ainsi que la levée du blocus maritime américain dans le Golfe.
L’Iran exige également la levée des sanctions qui lui sont imposées et le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger.
Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes contre l’Iran il y a plus de cinq mois, tandis que le président américain Donald Trump a affirmé que ces opérations visaient à empêcher la République islamique de développer des armes nucléaires et à réduire sa capacité à menacer la région.
Pas de négociations directes entre Téhéran et Washington
Selon M. Iraji, l’Iran et les États-Unis ne mènent actuellement aucune négociation directe, et Téhéran n’acceptera pas d’entamer de telles discussions tant qu’il estimera que Washington ne respecte pas l’accord provisoire signé en juin.
Néanmoins, des messages continuent d’être échangés entre les deux parties par l’intermédiaire de médiateurs, ce qui indique que les canaux de communication indirects restent ouverts dans le but de parvenir à un accord sur la crise.
De son côté, Trump a déclaré dans une interview accordée à « Axios » que les États-Unis adoptaient une attitude calme vis-à-vis de l’Iran, ajoutant que les échanges en cours n’atteignaient pas le niveau de négociations à part entière, alors que Washington surveille la situation économique en Iran.
Les deux pays avaient conclu un cessez-le-feu en juin, mais les États-Unis ont réimposé un blocus sur le trafic maritime iranien dans le Golfe au cours du mois de juillet. Téhéran a considéré cette mesure comme une violation de la trêve, qui avait déjà connu des revers.
En contrepartie, un responsable américain a précisé que Washington lèverait le blocus imposé aux ports iraniens après l’annonce d’un accord rétablissant la libre circulation du trafic commercial, étant entendu que les mesures américaines seraient subordonnées au respect par l’Iran des engagements qui lui incombent.
Des dispositions délicates pour la navigation dans le détroit d’Ormuz
Les développements indiquent que la mise en œuvre de tout accord nécessitera une coordination minutieuse des mesures entre les deux parties, d’autant plus que des sources ont indiqué que l’entente potentielle pourrait conférer à Téhéran un rôle dans le contrôle du trafic des navires entrant dans le golfe via le détroit.
Des compagnies de transport maritime avaient exprimé leurs inquiétudes quant à la faisabilité pratique d’un tel accord, compte tenu de l’importance du détroit pour le commerce international et l’approvisionnement mondial en énergie.
Par ailleurs, les Émirats arabes unis ont déclaré que l’Iran avait attaqué un navire lié à la compagnie pétrolière nationale émiratie, tandis que la partie iranienne n’a pas immédiatement réagi. Le Corps des gardiens de la révolution islamique avait déjà pris pour cible des navires qui, selon lui, avaient tenté de traverser le détroit sans l’autorisation de Téhéran.
Escalade des Houthis en mer Rouge
Les tensions dans le détroit d’Ormuz ont coïncidé avec une recrudescence des attaques menées par les Houthis au Yémen contre des navires dans la mer Rouge et dans la zone située entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, qui constituent elles aussi des points de passage essentiels pour le commerce et l’énergie à l’échelle mondiale.
Le mois dernier, les Houthis avaient annoncé l’imposition d’un blocus maritime contre l’Arabie saoudite dans la mer Rouge, en réponse à ce qu’ils ont qualifié de blocus saoudien à leur encontre au Yémen, accusations que Riyad a démenties.
Les Houthis ont également annoncé avoir pris pour cible la raffinerie de Jazan, appartenant à la société saoudienne Aramco, tandis que le ministère saoudien de l’Énergie a indiqué qu’un incendie s’était déclaré dans la raffinerie avant d’être maîtrisé sans faire de victimes, sans toutefois préciser la cause de l’incendie.
Cette annonce intervient après la signature par l’Arabie saoudite d’un accord de défense avec la Turquie et le Pakistan, dans un contexte d’escalade des tensions régionales. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a quant à lui affirmé que cette nouvelle alliance ne visait ni l’Iran ni aucun autre pays, mais constituait un engagement général en faveur de la sécurité.
Au Yémen, les affrontements se sont également intensifiés entre les Houthis et les forces gouvernementales, l’armée yéménite ayant annoncé la mort de sept personnes, dont des militaires et des civils, lors d’une attaque des Houthis contre la ville côtière de Mokha, précisant avoir abattu 11 drones ayant participé à l’attaque.
