Le président iranien Masoud Bazeshkian a autorisé mardi son ministre des Affaires étrangères à mener des négociations directes avec les États-Unis, mais a devancé toute « demande déraisonnable », alors que le président américain Donald Trump a renouvelé sa menace de « mauvaises choses » pour Téhéran en cas d’échec des efforts diplomatiques.
Les pourparlers, sous la médiation de l’Égypte, du Qatar, d’Oman et de la Turquie, devraient se tenir vendredi en Turquie, selon une source arabe au fait du dossier citée par l’AFP.
Lundi, M. Trump a lancé un avertissement : « Si le dialogue fonctionne, tant mieux. Si le dialogue ne fonctionne pas, il est très probable que de mauvaises choses se produiront ». Cette déclaration fait suite à l’envoi par Washington de navires de guerre dans la région et à l’escalade des échanges de menaces avec Téhéran ces derniers jours.
Bazeshkian a besoin d’un environnement favorable
Le président iranien a écrit sur la plateforme X qu’il avait autorisé son ministre des affaires étrangères, Abbas Araqchi, à mener des négociations « directes et équitables » avec les États-Unis, « à condition qu’il y ait un environnement favorable exempt de menaces et d’exigences déraisonnables ».
Selon le site américain Axios et l’agence de presse iranienne Tasnim, M. Araqchi sera confronté à l’envoyé américain Steve Witkoff lors de ces entretiens.
Le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères a déclaré lundi que les pays médiateurs aidaient à formuler le cadre général du dialogue entre les deux pays, qui n’ont pas eu de relations diplomatiques directes depuis plus de quarante ans.
Contexte d’escalade et médiation régionale
Cette annonce intervient dans un contexte d’escalade mutuelle entre Washington et Téhéran. Les deux parties avaient déjà conclu un accord commercial et de sécurité après de longues négociations, mais M. Trump est revenu à la charge et a critiqué l’incapacité de la Corée du Sud à mettre en œuvre certains des termes de l’accord.
Quatre pays – l’Égypte, le Qatar, Oman et la Turquie – jouent le rôle de médiateurs pour faciliter la réunion, afin d’éviter toute escalade militaire dans la région du Golfe.
Le sort des négociations dépend du sérieux des deux parties à faire des concessions mutuelles, dans un contexte de pressions internes et régionales croissantes sur les deux parties.