Les prix mondiaux du pétrole ont fortement augmenté ces derniers jours, en raison de l’escalade des tensions liées à la situation en Iran, notamment après les déclarations du président américain Donald Trump sur la poursuite des opérations militaires. Cette évolution a plongé les marchés dans l’inquiétude, avec des craintes croissantes de perturbations de l’approvisionnement mondial en énergie, en particulier par le détroit d’Ormuz, d’une importance vitale.
Selon Reuters, le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a augmenté de plus de 11 % en une seule journée, soit la plus forte hausse depuis 2020, tandis que le pétrole Brent a bondi de près de 8 %, dépassant les 109 dollars le baril. Cette hausse est attribuée à l’incertitude qui règne sur les marchés, avec la possibilité d’une escalade militaire continue et son impact direct sur les chaînes d’approvisionnement.
Les inquiétudes sont particulièrement vives autour du détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus importantes au monde, par laquelle transite environ 20 % du pétrole et du gaz liquéfié échangés dans le monde. Selon les estimations, ce couloir vital connaît des perturbations majeures, ce qui incite de nombreux pays à rechercher des solutions urgentes pour assurer la continuité de la navigation et du flux énergétique.
Fait notable, le WTI a dépassé le Brent de près de 3 dollars, un cas rare principalement dû à des dates de livraison différentes, le brut américain étant plus affecté par les fluctuations à court terme.
Les analystes estiment que le marché actuel intègre ce que l’on appelle la « prime de risque », c’est-à-dire l’augmentation liée à l’incertitude géopolitique. John Kilduff, associé chez Again Capital, explique que cette prime pourrait rapidement disparaître si le détroit reprend dans quelques semaines.
Les perspectives restent mitigées parmi les grandes institutions financières, Citi s’attendant à ce que le Brent se stabilise autour de 95 dollars au second semestre, avec la possibilité de monter jusqu’à 130 dollars si la crise s’aggrave. JPMorgan Chase prévoit un scénario plus optimiste, où les prix pourraient se situer entre 120 et 130 dollars, avec la possibilité de dépasser 150 dollars le baril si la fermeture du détroit se prolonge.
Les données de Baker Hughes ont montré une légère augmentation du nombre d’appareils de forage aux États-Unis, ce qui indique que les producteurs sont prêts à augmenter leur production si les prix restent élevés.
Cependant, la Fed de Dallas note que si l’impact économique peut rester limité si la crise est rapidement contenue, la situation actuelle reste très volatile, tout nouveau développement sur le terrain pouvant entraîner un changement rapide de la direction des prix.
Entre-temps, les pressions humanitaires à l’intérieur de l’Iran s’intensifient, avec un besoin croissant de soins médicaux et des pénuries de fournitures essentielles, alors que les tensions se poursuivent.
Les marchés restent dans l’expectative, car une sortie de crise pourrait entraîner une baisse des prix, tandis que la poursuite de l’escalade pourrait pousser les prix vers de nouveaux records.