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Les pressions se sont intensifiées sur le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, après que les fédérations d'Europe, d'Asie et de la CONCACAF ont vivement critiqué sa gestion de la crise liée au projet d'introduction d'investissements privés dans les compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde.
Infantino avait présenté un projet autorisant l’entrée d’investisseurs du secteur privé dans les compétitions de la FIFA, avant de faire marche arrière quelques jours plus tard sous la forte pression de plusieurs fédérations continentales.
Dans une lettre commune publiée lundi, l’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ont souligné que le football ne pouvait appartenir à une seule personne, marquant ainsi une nouvelle escalade contre le président de la FIFA malgré le retrait de ce projet controversé.
La lettre précise : « La direction du football n’est pas une propriété. Elle ne consiste pas à conserver le pouvoir ni à revendiquer sa conservation. »
Les trois fédérations ont ajouté : « Lorsque la confiance est trahie par la tromperie, et lorsqu’un individu se place au-dessus du groupe qui lui a conféré son autorité, cette responsabilité est alors abandonnée. »
Menace européenne de boycott de la Coupe du monde
L’Union européenne de football (UEFA) a été l’un des principaux opposants au projet, brandissant la menace d’un boycott des Coupes du monde si la FIFA allait de l’avant avec son plan d’investissement privé.
Une telle mesure, si elle avait été mise en œuvre, aurait menacé la participation de grandes équipes européennes, dont l’Espagne, championne du monde, ainsi que la France et l’Angleterre, qui avaient atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2026. Cette pression a été considérée comme l’une des principales raisons qui ont poussé Infantino à faire marche arrière.
L’UEFA avait auparavant qualifié ce projet de « transaction douteuse et opaque conclue à huis clos ».
Les trois fédérations ont estimé que la reconnaissance par la FIFA d’erreurs commises dans le traitement de ce dossier ne résolvait pas le fond du problème.
Dans leur lettre, elles ont déclaré : « La dernière lettre de la FIFA adressée aux vice-présidents et aux 211 fédérations membres reconnaît que des erreurs ont été commises au cours du processus. »
Elles ont ajouté : « Cette affaire est traitée comme un problème de communication, alors que ce dont le football a été témoin était un manque de discernement. »
Critiques à l’encontre de la réunion d’urgence convoquée par Infantino
La semaine dernière, Infantino avait obtenu le « soutien total » des hauts responsables de la FIFA lors d’une réunion d’urgence organisée au Maroc, mais les trois fédérations ont minimisé l’importance de ce soutien et critiqué la manière dont la réunion s’est déroulée.
Dans leur lettre, elles ont indiqué que le fait de n’avoir convoqué qu’un nombre limité de membres du comité exécutif de la FIFA à une réunion en dehors du siège de la fédération à Zurich renforçait les inquiétudes concernant le style de direction actuel.
Elles ont ajouté : « Ce n’est pas le comportement d’un gardien du jeu, mais celui d’une personne qui estime que c’est le jeu qui doit lui rendre des comptes. »
Tout en saluant la croissance qu’a connue le football au cours des dix dernières années, les trois fédérations ont refusé d’attribuer ces progrès à Infantino seul.
« La croissance observée au cours de la dernière décennie est bien réelle, mais ces progrès n’ont jamais été l’œuvre d’une seule personne », a-t-elle déclaré.
Elle a ajouté que l’élargissement des compétitions, l’attribution des Coupes du monde 2030 et 2034, ainsi que la répartition des ressources entre les fédérations nationales, constituaient autant de réalisations collectives auxquelles ont participé la FIFA, les confédérations, les fédérations membres et des milliers d’acteurs du monde du football.
Les élections de la FIFA approchent
Cette crise survient alors qu’Infantino se prépare à se présenter aux élections à la présidence de la FIFA, prévues à Rabat en mars prochain, dans l’espoir de remporter un quatrième et dernier mandat.
Le président de la CONCACAF, Victor Montagliani, est considéré comme l’un des candidats potentiels pour rivaliser avec Infantino, les candidatures devant être officiellement annoncées d’ici le 18 novembre.
Infantino, âgé de 56 ans et à la tête de la FIFA depuis près de dix ans, semblait auparavant en passe de se présenter sans adversaire après la Coupe du monde 2026.
Le président de la FIFA bénéficie du soutien de la Confédération africaine de football (CAF), tandis que la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) lui apporte également un soutien important ; des voix en sa faveur se font également entendre au sein de la CONCACAF et de la Confédération asiatique.
En conclusion de leur lettre, les trois fédérations ont estimé que la période actuelle était marquée par « un silence là où il devrait y avoir une remise en question, et une distance là où il devrait y avoir une ouverture ».
Elles ont souligné avoir adopté cette position de manière collective pour défendre le football, estimant que la force de ce sport a toujours reposé sur son unité.
