Le marché immobilier tunisien traverse une crise grave, marquée par la hausse des prix des terrains, des matériaux de construction et des coûts de main-d'œuvre, ce qui a entraîné une baisse du volume des ventes d'environ 80 %, selon le président de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers, Al-Hashimi Al-Miliani.
Dans certaines régions où la demande est forte, le prix du mètre carré de terrain constructible a atteint entre 5 000 et 5 500 dinars, parallèlement à la hausse des prix de l’aluminium et du cuivre et au triplement des salaires des ouvriers par rapport à 2010.
Les prix des appartements sont désormais hors de portée de la classe moyenne
Ces hausses ont entraîné une augmentation du coût d’un appartement de catégorie S+2, qui se situe désormais entre 700 000 et 900 000 dinars.
Même pour les biens immobiliers les moins chers, le prix du mètre carré a augmenté d’environ 30 %, passant de 600 dinars à près de 900 dinars.
Face à la difficulté d’accéder à la propriété, un nombre croissant de membres de la classe moyenne s’est tourné vers le marché locatif, ce qui a entraîné une hausse des loyers moyens, passant d’environ 500 dinars à plus de 700 dinars, voire jusqu’à 900 dinars par mois dans certains cas.
Cette situation oblige de nombreuses familles à privilégier les dépenses essentielles telles que l’alimentation, la santé et l’éducation au détriment de l’achat d’un logement.
Le président de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers a appelé à une révision des mécanismes de financement du logement, proposant de consacrer environ 380 millions de dinars par an, provenant du Fonds de promotion du logement destiné aux salariés, à des prêts à taux d’intérêt subventionné ne dépassant pas 3 %.
Cette proposition vise à rendre les mensualités des prêts plus abordables, de sorte qu’elles ne dépassent pas entre 15 % et 20 % du montant de l’ancien loyer de l’acheteur, ce qui permettrait aux salariés dont le revenu s’élève à environ 2 500 dinars d’accéder à la propriété sans trop grever leur budget.
