La Tunisie a enregistré une récolte historique de dattes s'élevant à environ 404 000 tonnes, mais une étude scientifique récente a averti que cette forte croissance de la production dépendait de plus en plus de l'exploitation intensive des eaux souterraines dans les oasis du sud.
Cette étude a analysé des données agricoles et climatiques ainsi que des images satellites dans les gouvernorats de Kebili, Tozeur, Gabès et Gafsa entre 2002 et 2024, et a montré que la production des principales oasis du sud a presque triplé en 22 ans.
Kebili, au cœur de l’épuisement
La situation semble plus préoccupante dans le gouvernorat de Kebili, qui représente environ 70 % de la production couverte par l’étude. Les quantités d’eau prélevées dans les nappes profondes y atteignent l’équivalent de 229 % des ressources renouvelables annuelles.
Le nombre de puits privés est également passé d’environ 3 700 en 2008 à plus de 10 600 en 2023, sachant qu’un certain nombre d’autres puits ne sont toujours pas pris en compte dans les statistiques officielles.
Les satellites constatent une baisse des réserves d’eau
Les données des satellites GRACE et GRACE-FO ont révélé une baisse des réserves d’eau à l’échelle régionale équivalant à 16,6 centimètres d’eau depuis 2002.
Après une période de relative stabilité au milieu des années 2000, cette baisse avoisine désormais un centimètre par an, selon l’étude.
Bien que les rendements continuent d’augmenter jusqu’à présent grâce à l’irrigation, à l’extension des surfaces cultivées et à de nouveaux investissements, les chercheurs avertissent que cette production record pourrait masquer une fragilité croissante des ressources en eau dont dépend le secteur.
