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Le Tribunal arbitral du sport (TAS) examinera, le jeudi 8 octobre 2026 à Lausanne, en Suisse, le recours formé par la Fédération sénégalaise de football contre la décision de la Confédération africaine de football (CAF) déclarant le Sénégal perdant de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et attribuant le titre au Maroc sur un score de 3-0.
Cette affaire intervient près de neuf mois après la finale disputée à Rabat le 18 janvier, que la sélection sénégalaise avait remportée sur le terrain avant qu’une décision ultérieure de la Confédération africaine n’annule ce résultat.
Une fin de match chargée de tension
À Rabat, la tension est montée progressivement dans les dernières minutes de la rencontre, et l’équipe du Sénégal a connu une série d’événements qui ont accru la frustration de ses joueurs et de son staff technique. Un but lui a en effet été refusé quelques minutes avant le penalty accordé au Maroc, une décision contestée par les joueurs sénégalais qui estimaient que le but était valable.
Par ailleurs, ces mêmes minutes ont été marquées par l’incident de la serviette impliquant le gardien sénégalais Édouard Mendy, ainsi que par la tension qui s’en est suivie et l’intervention de Lievane Diouf ; les ramasseurs de balles se sont également retrouvés sur le terrain, ce qui a rendu la fin du match particulièrement confuse.
Le penalty déclenche la crise
Puis est venue la décision d’accorder un penalty au Maroc, décision que le Sénégal a jugée injuste et contestable, ce qui a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Après l’annulation du but, l’incident impliquant le gardien remplaçant et la présence des ramasseurs de balles sur le terrain, les joueurs sénégalais ont décidé de quitter temporairement la pelouse pour protester contre cette série d’événements.
Reprise du match et victoire du Sénégal
Ce départ ne signifiait pas pour autant un abandon définitif de la finale : les joueurs sénégalais sont revenus sur le terrain et l’arbitre Jean-Jacques Ndala a ordonné la reprise du match. Le Maroc a alors tiré le penalty qui lui avait été accordé.
Ibrahim Diaz s’est présenté face à Édouard Mendy pour tenter un penalty à la Panenka, mais le gardien sénégalais a bien anticipé le mouvement et a capté le ballon. Le match s’est ensuite poursuivi jusqu’aux prolongations, où le Sénégal a fait la différence à la fin des 120 minutes : Pape Gaye a inscrit le seul but de la rencontre et son équipe a conservé son avance jusqu’au coup de sifflet final. L’arbitre a donc repris le match et l’a mené jusqu’à son terme, entérinant officiellement la victoire du Sénégal 1-0 après prolongation.
Une victoire dont la validité est remise en cause
C’est précisément cette chronologie des événements qui est au cœur de la contestation du Sénégal. La Fédération sénégalaise ne nie pas le départ temporaire de ses joueurs, mais tient avant tout à rappeler les circonstances qui l’ont précédé et le fait essentiel que la rencontre a ensuite repris et s’est terminée normalement.
La question se pose donc : comment annuler le résultat d’un match que l’arbitre a décidé de reprendre, qu’il a laissé se poursuivre jusqu’aux prolongations et dont il a sifflé la fin ? La Confédération africaine de football (CAF) a finalement adopté une autre interprétation du règlement : sa commission d’appel a déclaré le Sénégal forfait et a validé le résultat, soit une victoire du Maroc 3-0. La Fédération sénégalaise a fait appel de cette décision devant le Tribunal arbitral du sport et réclame désormais que soit rétabli le résultat obtenu sur le terrain.
Une deuxième finale à Lausanne
L’enjeu de l’audience dépasse largement l’incident du penalty, puisque le tribunal devra revenir sur l’ensemble du contexte qui a poussé les Sénégalais à quitter temporairement le terrain, ainsi que sur ce qui s’est passé après leur retour : la reprise du match, le penalty arrêté par Mendy, les prolongations, le but de Babi Gaye et le coup de sifflet final.
C’est comme si la rencontre entre le Sénégal et le Maroc allait se rejouer ; la première finale s’est déroulée à Rabat et a été remportée par le Sénégal après 120 minutes, tandis que la seconde aura lieu jeudi à Lausanne devant les arbitres du TAS, et l’enjeu est le statut définitif de cette victoire. Sur le terrain, c’est le Sénégal qui l’a emporté ; il appartient désormais au Tribunal arbitral du sport de déterminer si cette victoire peut être annulée par une décision prise après la fin du match.
