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La Tunisie s'apprête à renforcer ses capacités de production d'électricité grâce au projet d'extension de la centrale de Borj Al-Amri, avec des investissements estimés à environ 600 millions de dinars, dans un contexte de hausse continue de la demande nationale en énergie et d'une consommation ayant atteint des niveaux records durant l'été 2026.
Ce projet a été examiné lors de la douzième réunion périodique de la Commission des grands projets, présidée par la cheffe du gouvernement Sara Zaafrani Zanzri, le lundi 10 août 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah.
La réunion a porté sur trois dossiers principaux : l’extension de la centrale électrique de Borj Al-Amri, l’achèvement du projet d’hôpital régional de catégorie « B » à Tala, dans le gouvernorat de Kasserine, ainsi que l’achèvement du projet de la Cité numérique de Nahli.
La présidente du gouvernement a souligné, au cours de la réunion, la nécessité d’accélérer la réalisation des grands projets publics, considérés comme un levier pour soutenir la croissance économique, développer les infrastructures, créer de la richesse et des emplois, sans oublier leur rôle dans la réduction des disparités entre les régions.
La demande en électricité augmente de 4 à 5 % par an
Le projet d’extension de la centrale de Borj Al-Amri intervient alors que la Tunisie enregistre une croissance marquée de sa consommation d’électricité, la demande nationale en énergie électrique augmentant actuellement de 4 à 5 % par an.
Cette tendance s’est clairement manifestée en juillet 2026, lorsque le pays a enregistré un nouveau pic de demande d’électricité atteignant 6 400 mégawatts, contre 5 175 mégawatts en 2025.
Cet écart important reflète les pressions croissantes qui pèsent sur le réseau de production et de distribution d’électricité, en particulier pendant la saison estivale, lorsque la consommation augmente en raison des températures élevées et de l’utilisation intensive des climatiseurs.
Une troisième turbine à gaz d’une puissance pouvant atteindre 400 mégawatts
Le projet d’extension de la centrale de Burj Al-Amri prévoit l’installation et la mise en service d’une troisième turbine à gaz dont la capacité de production se situera entre 250 et 400 mégawatts.
Le projet comprend également la réalisation des infrastructures et des installations nécessaires au transport de l’électricité produite et à son raccordement au réseau national, ce qui permettra de tirer parti de l’énergie supplémentaire que fournira la centrale une fois l’extension mise en service.
Le coût prévisionnel du projet a été estimé à environ 600 millions de dinars, et les autorités prévoient sa mise en service au cours de l’été 2027.
Le projet vise principalement à augmenter la capacité de production du réseau électrique national et à atteindre un meilleur équilibre entre l’offre et la demande, ainsi que de limiter le recours aux coupures de courant périodiques, notamment pendant les périodes de pointe de consommation prévues durant les étés 2027 et 2028.
Dans ce contexte, la cheffe du gouvernement a appelé à lancer sans délai les démarches nécessaires à la mise en œuvre de cette extension, en classant le projet de la tour Al-Amri parmi les grands projets à caractère stratégique.
Achèvement de l’hôpital de Tala d’une capacité de 105 lits
La réunion de la commission des grands projets ne s’est pas limitée au dossier de l’énergie ; elle a également examiné l’achèvement de la construction de l’hôpital régional de catégorie « B » de la ville de Tala, dans le gouvernorat de Kasserine.
La capacité d’accueil de ce nouvel établissement de santé devrait atteindre 105 lits, et il proposera une large gamme de services médicaux et de santé.
L’hôpital comprendra des services de consultations externes, un laboratoire, une banque de sang, un service d’imagerie médicale, une pharmacie, un service de chirurgie, un service de stérilisation, un service de réanimation et un service des urgences.
Le projet comprend également une unité d’hospitalisation et un hôpital de jour, ainsi que les différents services généraux nécessaires au fonctionnement de l’établissement de santé.
Le coût des travaux de construction de l’hôpital est estimé à environ 54 millions de dinars, auxquels s’ajoutent 15 millions de dinars destinés à l’acquisition de matériel et d’équipements médicaux.
La cheffe du gouvernement a demandé d’accélérer l’attribution des marchés et la réalisation des phases restantes du projet, tout en mettant en place un suivi quotidien sur le terrain afin de garantir l’achèvement de l’hôpital dans les délais fixés.
Nouvel élan pour le projet de la ville numérique de Nahli
La réunion a également porté sur le projet de la « ville numérique » de Nahli, dans le gouvernorat d’Ariana, qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de transformation numérique en Tunisie.
Ce projet vise à renforcer le pôle technologique « Tunisie des pôles technologiques intelligents », en mettant à disposition des espaces technologiques modernes et équipés répondant aux besoins des entreprises actives dans les secteurs numériques et innovants.
Les autorités misent sur la contribution de la Cité numérique au soutien d’une économie fondée sur la connaissance et l’innovation, à l’amélioration de l’environnement des affaires et à l’attraction d’entreprises technologiques et d’organismes innovants.
La Commission des grands projets a appelé les ministères de l’Équipement et des Technologies de la communication à accélérer la réalisation des phases restantes du projet afin qu’il puisse entrer en service.
L’électricité, la santé et la numérisation en tête des priorités
Les trois projets examinés par le gouvernement reflètent l’accent mis sur des secteurs que l’État considère comme stratégiques pour la période à venir, au premier rang desquels figurent la sécurité énergétique, les infrastructures sanitaires et la transition numérique.
Toutefois, le projet d’extension de la centrale de Borj Al-Amri revêt une importance particulière à l’heure actuelle en raison de la croissance rapide de la demande en électricité et de la hausse continue des pics de consommation pendant les mois d’été.
La Commission des grands projets a décidé d’accélérer les démarches relatives à ces trois projets, tout en invitant les structures publiques concernées à renforcer le suivi et à surmonter les obstacles administratifs et techniques susceptibles d’en retarder la mise en œuvre.
Par ces mesures, le gouvernement vise à passer de la phase des décisions à celle de la mise en œuvre effective, afin de transformer les grands projets publics en outils de soutien au développement, de création d’emplois et d’amélioration du niveau des services dans les différentes régions tunisiennes.
