Table of Contents
La consommation finale d'acier en Tunisie devrait se maintenir à environ 720 000 tonnes en 2026, dans un contexte de faiblesse des investissements et d'absence de grands projets de logement et d'infrastructures susceptibles de stimuler la demande.
Au cours des dernières années, la consommation annuelle d'acier dans le pays a oscillé entre 670 000 et 730 000 tonnes, un niveau qui reflète davantage une situation de stabilité qu'une véritable croissance, notamment en raison des contraintes budgétaires strictes.
Les matériaux de construction occupent la plus grande part de marché
L'acier long, notamment le fer à béton et les bobines de fil, représente entre 70 % et 75 % des ventes d'acier fini en Tunisie, tandis que la part des produits plats s'élève à environ 20 %.
Le secteur du logement constitue le principal moteur de la demande, puisqu’il représente environ 55 % des ventes d’acier. L’activité se répartit à peu près à parts égales entre la construction individuelle privée et les projets des promoteurs immobiliers dans des villes telles que Tunis, Sfax, Sousse et Bizerte.
Quant au programme de logement public SNIT, sa contribution reste limitée en raison de contraintes financières, avec la réalisation de 4 000 à 5 000 logements par an.
Les importations couvrent une part importante du marché
La Tunisie souffre d’un important déficit de la balance commerciale de l’acier, mais les importations ne couvrent qu’environ 40 % de la demande en produits laminés, une part importante de celles-ci étant destinée à l’approvisionnement des usines locales en produits semi-finis.
La Turquie reste le premier fournisseur de lingots et de produits de construction longs, bénéficiant d’un accord de libre-échange qui autorise l’entrée de ses produits en franchise de droits de douane.
En revanche, l’Italie, la France et l’Espagne approvisionnent principalement le marché tunisien en produits plats, en tubes et en structures métalliques, face à une concurrence croissante des producteurs chinois et indiens.
La production locale ne couvre pas les besoins des usines
L'usine El Fouladh, située à M'habel Bourguiba, est le seul producteur intégré d'acier du pays, avec une capacité annuelle d'environ 200 000 tonnes.
Le marché compte également d’autres usines de laminage, dont les plus importantes sont Intermetal, avec une capacité de 300 000 tonnes par an, SM Tunis Acier, avec une capacité de 200 000 tonnes, et SMC à Monastir, avec une capacité de 150 000 tonnes.
Toutefois, la production locale d’acier ne couvre que 15 % à 20 % des besoins des usines de laminage, qui dépendent fortement des produits semi-finis importés.
Les infrastructures ont encore un impact limité
Parmi les projets phares qui soutiennent actuellement la demande figurent le nouveau pont de Bizerte et la modernisation des lignes ferroviaires n° 6 et 22.
Le taux d’avancement du pont principal de Bizerte, d’une longueur de 2,1 kilomètres et dont le coût s’élève à 250 millions d’euros, est d’environ 25 %, tandis que les travaux sur les routes d’accès sont achevés à environ 75 %.
Un projet de modernisation des lignes ferroviaires, d’un coût avoisinant les 185 millions d’euros, est également en cours de réalisation, avec le financement de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
La croissance en 2026 restera limitée
Selon les estimations de la Banque africaine de développement, la croissance du secteur de la construction en Tunisie devrait ralentir pour s’établir à environ 0,6 % en 2026, contre 3,7 % en 2025.
Cela signifie que la demande en acier restera proche des niveaux de l’année dernière, soit environ 720 000 tonnes, sans signe fort d’une reprise rapide.
Les principales opportunités de croissance restent liées à l’attraction d’investissements étrangers et à la mise en œuvre de grands projets reportés, tels que le port de Nabeul et les projets éoliens, mais les difficultés de financement et les formalités administratives continuent d’entraver la concrétisation de ces projets en une augmentation effective de la consommation d’acier.
