Les cours du pétrole ont bondi de plus de 3 % en début de séance lundi, sur fond d'inquiétudes croissantes concernant une perturbation de l'approvisionnement après de nouvelles attaques visant des installations saoudiennes et d'autres incidents survenus dans le détroit d'Ormuz.
Le Brent a gagné environ 2,93 dollars pour s’établir à 107,54 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a progressé d’environ 2,88 dollars pour atteindre 102,93 dollars. Les prix avaient déjà progressé d’environ 8 % au cours de la semaine précédente, franchissant la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet.
Attaque contre un oléoduc saoudien
Les inquiétudes se sont accrues après qu’une attaque par drone a provoqué l’arrêt de l’oléoduc saoudien Est-Ouest, qui transporte habituellement environ quatre millions de barils par jour du golfe Persique vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge.
Cet oléoduc constitue une voie de contournement importante du détroit d’Ormuz ; son interruption pourrait donc menacer jusqu’à 4 % de l’approvisionnement mondial en pétrole si elle se prolongeait. De plus, selon les estimations, les stocks de Yanbu ne suffiraient qu’à couvrir environ cinq à sept jours d’exportations.
Nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz
Cette situation a coïncidé avec de nouvelles attaques contre des navires dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, ce qui a renforcé les inquiétudes concernant la circulation maritime dans l’un des principaux couloirs d’exportation de pétrole au monde.
De même, le contrôle par les Houthis de sites situés près du détroit de Bab al-Mandab a accru les risques pesant sur les voies de transport maritime via la mer Rouge, à un moment où ces itinéraires ont pris une importance accrue en raison des perturbations du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz.
Sur le plan diplomatique, une réunion prévue entre les pays du Golfe et l’Iran pour discuter des modalités de navigation dans le détroit d’Ormuz a été reportée, ce qui a ajouté une part d’incertitude quant à la possibilité d’un apaisement prochain de la crise.
Alors que les tensions persistent en Arabie saoudite, dans le Golfe et dans la mer Rouge, les marchés pétroliers restent extrêmement sensibles à toute nouvelle évolution susceptible d’affecter l’approvisionnement ou la circulation des pétroliers.
