L’industrie mondiale de l’aviation est soumise à une pression sans précédent, de nombreuses compagnies aériennes augmentant le prix de leurs billets et ajustant leurs plans opérationnels, en raison de la forte hausse des prix du kérosène, dans un contexte de tensions géopolitiques dans la région du Golfe.
La crise du carburant frappe la bande de Gaza
La crise trouve son origine dans la perturbation de l’approvisionnement, notamment en raison des effets de la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite une grande partie des exportations mondiales de carburant. Selon les données de Petroleum Argus, environ 21 % des exportations de carburéacteur sont directement affectées.
La gravité de la situation réside dans le fait que le carburéacteur n’est pas facilement remplaçable, compte tenu de ses spécifications techniques strictes et de sa dépendance à l’égard des raffineries est spécialisé, ce qui rend toute pénurie d’approvisionnement plus importante que pour d’autres dérivés du pétrole.
Forte hausse des prix
Les prix du kérosène ont augmenté de façon spectaculaire ces dernières semaines, passant de 85-90 dollars le baril à 150-200 dollars, ce qui pèse lourdement sur les compagnies aériennes, d’autant plus que le carburant représente une part importante des coûts d’exploitation.
Le voyageur en supporte le coût
Face à ces pressions, les compagnies aériennes ont commencé à répercuter une partie des coûts sur les voyageurs en augmentant le prix des billets et en imposant des surcharges carburant.
Parmi les actions les plus notables :
Air France-KLM prévoit une augmentation de 50 euros sur les vols long-courriers
Thai Airways se prépare à augmenter ses prix de 10 à 15 %
Pakistan International Airlines augmente ses tarifs intérieurs et internationaux
Cathay Pacific et IndiGo font partie des compagnies qui ont imposé des surcharges de carburant
D’autres ont eu recours à l’augmentation des frais de bagages et de services pour alléger la pression financière.
Réduction des vols et plans d’austérité
Les mesures ne se limitaient pas à l’augmentation des tarifs, mais comprenaient également la réduction du nombre de vols et la restructuration des réseaux :
SAS a annulé près de 1 000 vols
Air New Zealand a réduit le nombre de ses vols et n’a pas atteint ses prévisions de bénéfices
United Airlines et Delta Air Lines ont commencé à réduire certaines liaisons
Vietnam Airlines et VietJet Air ont réduit la fréquence de leurs vols
Ryanair a également mis en garde contre d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement au cours de la période à venir.
Solutions temporaires et préoccupations permanentes
Certaines organisations, comme IAG, ont pu temporairement atténuer l’impact de la crise grâce à des contrats d’achat anticipé de carburant, mais ces solutions restent limitées si les prix continuent d’augmenter.
Des répercussions plus larges
Les effets de la crise ne se limitent pas au secteur de l’aviation, mais s’étendent à l’économie mondiale, car l’augmentation du coût des voyages pourrait entraîner une baisse du tourisme et du commerce, et accroître la pression sur les consommateurs.
À la lumière de ces développements, les compagnies aériennes sont confrontées au défi de maintenir leurs opérations et de minimiser leurs pertes, dans un contexte d’incertitude quant à l’avenir du marché de l’énergie.