Dans un environnement bancaire en profonde mutation en Tunisie, la performance des banques ne repose plus uniquement sur les outils traditionnels, avec la baisse des marges d’intérêt, la hausse des pressions réglementaires, l’accélération de la transformation digitale et l’évolution des comportements des clients.
Dans ce contexte, l’assemblée générale ordinaire d’Amen Bank s’est tenue le 30 avril 2026 à son siège, sous la supervision du président du conseil de surveillance, Rashid Al Furati, et du président du conseil d’administration, Naji Al Ghandari, où les résultats de la banque ont été passés en revue dans le cadre d’une lecture globale de la situation économique.
Un contexte économique qui nécessite une adaptation
Ghandari a souligné que l’année 2025 a été marquée par une reprise progressive de l’économie tunisienne, malgré des défis persistants liés aux équilibres fiscaux et budgétaires. Cette reprise reste fragile et influencée par des facteurs volatiles tels que l’agriculture et le tourisme, ce qui oblige les banques à repenser leurs stratégies, a-t-il dit.
Les institutions financières doivent désormais trouver un équilibre délicat entre le risque et la rentabilité, tout en diversifiant les sources de revenus et en contrôlant les coûts pour suivre le rythme des changements structurels.
Des résultats financiers positifs malgré les défis
La Banque a enregistré une solide performance financière, avec un résultat net bancaire de 590,07 millions de dinars, soit une augmentation de 4,16 %, ce qui indique une croissance continue, bien qu’à un rythme plus lent que les années précédentes.
Le bénéfice net a atteint 248,65 millions de dinars, soit une augmentation de 8,13%, dépassant les attentes de près de 105%, reflétant la capacité de l’organisation à maintenir son équilibre financier et à atteindre ses objectifs.
Cependant, une analyse des recettes montre un changement progressif, la croissance devenant plus dépendante de sources diversifiées, tandis que les recettes d’intérêts sont confrontées à des pressions structurelles croissantes.
Une dynamique commerciale basée sur l’épargne
L’année 2025 a été marquée par une forte performance commerciale, notamment au niveau des dépôts qui ont atteint 8,72 milliards de dinars, soit une augmentation de 8,79%, dépassant les objectifs fixés, reflétant la confiance des clients et la capacité de la Banque à mobiliser des ressources.
En revanche, les crédits ont enregistré une croissance plus conservatrice de 3,26 % pour atteindre 7,54 milliards de dinars, dans le cadre d’une politique de prudence et de gestion des risques.
« Cet équilibre entre l’épargne et le crédit reflète une approche stratégique visant à améliorer la liquidité et à réduire le coût du financement, conformément aux transformations en cours dans le secteur bancaire », a déclaré M. Al Ghandari.
Un changement progressif du modèle d’entreprise
Ces indicateurs reflètent un changement plus profond du modèle bancaire, où la croissance ne repose plus uniquement sur l’expansion des prêts, mais sur la diversification des services financiers, le renforcement de la numérisation et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle.
Dans ce contexte, Al Aman Bank se distingue comme l’un des acteurs qui cherchent à remodeler le rôle des banques dans l’économie nationale en s’adaptant à une nouvelle réalité qui exige innovation et flexibilité.
