La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué la manière dont l'Espagne et le Maroc ont géré la récente crise migratoire à Ceuta, estimant que la coordination entre les deux pays avait contribué à endiguer l'afflux de migrants et à reprendre le contrôle de la situation.
Mme von der Leyen a exprimé cette position dans une lettre adressée au Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, dans laquelle elle a souligné que les autorités espagnoles et marocaines avaient géré la crise de manière « efficace et performante », malgré l’ampleur de l’afflux de personnes et la forte pression exercée sur les frontières.
La présidente de la Commission a souligné la rapidité des mesures prises par les deux parties, notamment le renvoi d’un grand nombre de migrants vers le Maroc et l’empêchement de leur passage illégal de Ceuta vers la péninsule ibérique et le reste des pays de l’Union européenne.
Fin juillet 2026, Ceuta a connu l’une des plus importantes vagues de passages irréguliers jamais enregistrées dans la région, des dizaines de milliers de personnes ayant pénétré dans la ville en peu de temps, avant que les tentatives de passage ne diminuent suite au renforcement du dispositif sécuritaire de part et d’autre de la frontière.
Selon certaines informations, environ 69 500 personnes seraient retournées au Maroc après la crise, tandis que les tentatives de passage ont fait des dizaines de victimes des deux côtés, ce qui a suscité des critiques quant au coût humain de ces événements.
Mme von der Leyen a souligné que le Maroc constituait un partenaire stratégique essentiel pour l’Union européenne dans la lutte contre l’immigration clandestine et les réseaux de traite des êtres humains, soulignant la nécessité de développer une coopération plus structurée et durable avec ce pays.
Dans le même temps, elle a appelé à renforcer la protection des frontières extérieures de l’Union européenne, en particulier dans les points sensibles tels que Ceuta, en intensifiant la surveillance, en mettant en place des systèmes d’alerte précoce et en faisant appel à l’agence « Frontex » si nécessaire.
La présidente de la Commission a défini plusieurs priorités européennes pour faire face aux futures crises migratoires, notamment l’élargissement de la coopération avec les pays d’origine et de transit, le renforcement de la surveillance des frontières, le démantèlement des réseaux de trafic et l’accélération des procédures de retour des personnes sans titre de séjour.
Elle a également insisté sur la nécessité d’adopter une réponse européenne commune, estimant que la protection des frontières extérieures n’est pas la responsabilité exclusive des États situés en première ligne, mais un devoir partagé par tous les membres de l’Union.
Von der Leyen a mis en garde contre l’utilisation de l’immigration comme moyen de pression politique, sans toutefois accuser directement aucune partie, tout en réaffirmant l’importance du partenariat avec le Maroc pour préserver la stabilité des frontières méridionales de l’Union européenne.
Sa prise de position intervient alors que certains pays européens critiquent le gouvernement de Sánchez pour sa gestion du dossier de l’immigration et appellent à un durcissement des mesures aux frontières, tandis que Madrid réclame davantage de solidarité européenne face aux flux migratoires irréguliers.
