La Délégation régionale au développement agricole de Kairouan a estimé la production d’olives pour la saison en cours à environ 275 000 tonnes, soit l’équivalent de 57 000 tonnes d’huile d’olive, ce qui représente une augmentation de 4 % par rapport à la saison dernière, où la production s’était élevée à 248 000 tonnes d’olives et 50 000 tonnes d’huile.
Les oliveraies de la région s’étendent sur 200 000 hectares et comptent 13,2 millions d’oliviers, tandis que le nombre de moulins dans le gouvernorat s’élève à 207, pour une capacité totale de broyage atteignant 700 000 tonnes. À elle seule, la commune de Bouhajla produit 92 000 tonnes d’olives et dispose de 79 moulins, ainsi que de quatre laboratoires d’analyse de la qualité et du goût de l’huile.
Quant aux bassins de stockage des tourteaux destinés au traitement par vaporisation, leur capacité s’élève à 230 000 mètres carrés ; les quantités de tourteaux issues de l’extraction de l’huile peuvent ainsi être traitées, valorisées et utilisées comme engrais pour fertiliser les terres agricoles.
Difficultés rencontrées au cours de la saison
Lors d’une réunion qui s’est tenue le 16 octobre au siège du gouvernorat de Kairouan, les responsables régionaux ont adopté une série de mesures visant à garantir les meilleures conditions de récolte, afin d’assurer une production d’huile de haute qualité et de protéger l’environnement contre la pollution liée à la transformation des olives. Dans ce cadre, il a été convenu que la saison de la récolte débuterait le 26 octobre, après que les techniciens agricoles eurent lancé, quelques semaines auparavant, des campagnes de sensibilisation à l’intention des agriculteurs sur les bonnes pratiques de récolte, les invitant à éviter de frapper les oliviers avec des bâtons et à utiliser des caisses pour transporter les olives plutôt que des sacs en plastique.
Parmi les principaux problèmes soulevés figure la question de la main-d’œuvre et de son coût élevé lorsqu’elle est disponible, les cueilleurs d’olives (les « jammas ») exigeant d’être payés en espèces ou à des taux élevés, et n’acceptent plus d’être rémunérés en nature, c’est-à-dire par une quantité d’olives pouvant atteindre 30 à 40 % de leur récolte.
Si l’on ajoute à cela les frais de transport et de broyage, le paysan ne se retrouve finalement qu’avec des dettes, sans compter les problèmes de pillage et de vol qui rendent urgente la mise en place de plans de sécurité efficaces.
