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La Tunisie prévoit de mener à bien des études sur la réorganisation et la réattribution des bandes de fréquences radio en vue de la mise en place des réseaux de 6e génération (6G) en janvier 2027, selon l’annonce de l’Agence nationale des fréquences, qui a souligné que cette date concernait la préparation du spectre radioélectrique et ne correspondait pas à la date de lancement commercial de cette technologie dans le pays.
L’Agence a précisé dans un communiqué que la préparation des réseaux futurs ne se limite pas à la planification du spectre, mais englobe également le partage des infrastructures, la réduction des coûts et le recours aux communications spatiales, afin de suivre l’évolution du secteur des télécommunications et d’étendre la couverture vers les zones les moins bien desservies.
L’Agence avait mis en avant ces informations à l’occasion de sa participation à la deuxième journée du sommet régional 6G MENA Summit 2026, qui s’est tenu le 20 octobre, où elle était représentée par Rahma Garslaoui, ingénieure générale et responsable du département de planification et de coordination des fréquences. La rencontre a porté sur les perspectives des télécommunications et les défis liés au développement des réseaux de 6e génération dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Des études pour anticiper les besoins en spectre radioélectrique
La réorganisation et la réattribution des bandes de fréquences sont au cœur des préparatifs en cours, car elles constituent une étape indispensable pour adapter les ressources disponibles aux évolutions techniques et aux exigences des futures générations de réseaux mobiles. Dans ce cadre, des études ont été menées avec une échéance fixée à janvier 2027, dans le but d’anticiper les besoins en spectre radioélectrique de la technologie de 6e génération, tout en tenant compte des considérations économiques et de la nécessité d’étendre la couverture.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un développement progressif de l’infrastructure tunisienne, les trois opérateurs – Tunisie Telecom, Ooredoo Tunisie et Orange Tunisie – ayant lancé leurs réseaux commerciaux de 5G en février 2025. Les travaux évoqués par l’Agence concernent donc la préparation des besoins futurs et non un déploiement commercial imminent des réseaux de 6e génération.
Au niveau international, l’Union internationale des télécommunications prévoit de finaliser les spécifications techniques de la 6G, connue sous le nom d’IMT-2030, d’ici 2030. Le sommet d’Abu Dhabi a également abordé l’intégration de l’intelligence artificielle dans les réseaux mobiles, l’utilisation de la bande des 6 GHz, ainsi que la coordination internationale dans le domaine des fréquences en vue de la Conférence mondiale des radiocommunications prévue en 2027.
Le partage des sites radio approche la moitié
Rahma Garslaoui a souligné, lors de son intervention au sommet, que l’accès universel aux services de télécommunications ne dépend pas uniquement de la disponibilité du spectre radioélectrique, mais nécessite également de réduire le coût d’exploitation des fréquences, d’étendre la couverture et d’encourager le partage des sites radio entre les opérateurs.
À cet égard, des progrès notables ont été enregistrés ces dernières années, le taux de partage des sites radio étant passé de 15 % en 2019 à environ 50 % en 2025, selon les données de l’Agence. Afin de soutenir cette tendance, il a été décidé de réduire de 50 % les redevances applicables aux stations radio installées sur des sites partagés, dans le but d’inciter les opérateurs à regrouper davantage leurs infrastructures, d’améliorer leur rentabilité économique et de limiter les investissements nécessaires au développement des réseaux.
L’Agence étudie également les modèles économiques des entreprises spécialisées dans la gestion des pylônes de télécommunications, appelées « sociétés de pylônes », qui pourraient permettre de mutualiser la gestion d’une partie des infrastructures et d’en améliorer l’exploitation par les opérateurs.
Les satellites pour couvrir les zones les moins bien desservies
La stratégie présentée par l’Agence accorde une place importante aux communications par satellite, tout en évoquant la révision des redevances applicables aux services spatiaux, compte tenu du rôle de ces technologies dans l’extension de la couverture vers les zones les moins bien desservies.
L’enjeu réside dans l’amélioration de la desserte des zones rurales et périphériques, où le déploiement d’infrastructures terrestres peut s’avérer plus difficile, ainsi que dans la réduction des inégalités d’accès aux services numériques. L’Agence inscrit ces mesures dans une approche plus large visant à suivre les évolutions techniques, à renforcer la coopération régionale et internationale en matière de gestion du spectre radioélectrique et à améliorer la qualité des services de télécommunications.
La préparation à la 6G apparaît ainsi comme un travail de planification à long terme alliant l’anticipation des besoins en fréquences, l’amélioration des infrastructures et l’extension de la couverture, tandis que la date de janvier 2027 reste une étape dans les études préparatoires, distincte de tout calendrier de déploiement commercial des nouveaux réseaux.
