L’Égypte envisage de créer un centre mondial de distribution et de logistique dans la zone économique du canal de Suez (SCZone), dans le but de renforcer la position du pays sur l’un des plus importants corridors commerciaux du monde et de transformer le canal d’un simple couloir de transit en une plateforme régionale de stockage, de traitement et de réexportation.
Le projet proposé s’inscrit dans le cadre d’une volonté plus large de l’Égypte de maximiser les recettes tirées du commerce mondial qui passe par le canal de Suez, plutôt que de s’appuyer principalement sur les droits de transit. Le Caire fait le pari que le développement de services logistiques autour du canal lui permettra d’attirer de nouveaux investissements et de créer de la valeur ajoutée à partir des millions de tonnes de marchandises qui transitent par le corridor chaque année.
Selon les données disponibles, le premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a discuté du projet lors d’une réunion de haut niveau au Caire qui a rassemblé des responsables du ministère de l’investissement et du commerce extérieur, de l’autorité générale pour la zone économique du canal de Suez et de l’autorité générale pour l’investissement et les zones franches.
Bien que le gouvernement égyptien n’ait pas encore révélé le nom des entreprises internationales intéressées par le développement du projet, des responsables ont indiqué que plusieurs offres étaient à l’étude, les autorités cherchant à accélérer les étapes de mise en œuvre et à sélectionner des investisseurs crédibles et expérimentés.
Le centre de distribution proposé vise à transformer la zone économique du canal de Suez en un point stratégique pour le stockage, le traitement, la manutention et la réexportation de marchandises vers les marchés régionaux et internationaux. Cela renforcera le rôle de l’Égypte en tant que porte d’entrée reliant l’Afrique à l’Asie, à l’Europe et à la région du Golfe.
Le projet s’appuie sur des années d’investissement dans les ports, les zones industrielles, les infrastructures logistiques et les réseaux de transport entourant le canal. Il intervient également à un moment où l’Afrique et le Moyen-Orient sont de plus en plus en concurrence pour attirer une plus grande partie des chaînes d’approvisionnement mondiales, dans un contexte d’évolution des schémas commerciaux, de montée des tensions géopolitiques et de demande croissante de réseaux de distribution plus rapides et plus flexibles.
S’il est approuvé et mis en œuvre, le projet pourrait soutenir les opérations portuaires, renforcer les chaînes d’approvisionnement, attirer des investissements étrangers supplémentaires et fournir de nouvelles sources de devises grâce aux activités d’entreposage, de manutention et de réexportation.
Pour l’Afrique, le projet pourrait consolider la position de l’Égypte en tant que centre logistique majeur reliant le continent aux principaux marchés, à un moment où plusieurs pays cherchent à construire des centres d’approvisionnement et de distribution qui bénéficieront du remodelage de la carte du commerce mondial.
