Le président de la République tunisienne, Kais Saïd, a insisté sur la nécessité d'accélérer le traitement des dossiers de réconciliation pénale, affirmant que l'État restait déterminé à récupérer les fonds qu'il a qualifiés de « droit du peuple tunisien ».
Ces déclarations ont été faites mercredi 5 août 2026 au palais de Carthage, lors de sa rencontre avec Ali Abbas, président de la Commission nationale de la réconciliation pénale, au cours de laquelle ils ont passé en revue l'avancement des travaux de la commission et les dossiers présentés par les personnes souhaitant conclure un accord de réconciliation avec l'État.
Saïd a souligné que la réconciliation demandée devait être sérieuse et sincère, loin de toute tentative de manœuvre dilatoire ou de fraude, précisant que ce mécanisme visait à restituer les fonds publics et non à conclure des accords purement formels.
Il a également rappelé qu’il avait lancé l’idée de la réconciliation pénale dès 2012, estimant qu’elle constituait une alternative aux accords qu’il a qualifiés de suspects, dont certains ont été conclus au grand jour et d’autres à l’abri de tout contrôle.
Le président de la République a appelé à dépasser les complexités procédurales dont certaines parties pourraient tirer parti pour faire traîner les dossiers en longueur, soulignant que les procédures ne doivent pas devenir un moyen d’entraver l’accès à des solutions justes ni de exercer des pressions ou des marchandages indirects.
Il a souligné que le droit de l’État à récupérer les fonds des Tunisiens ne s’éteint pas avec le temps et ne peut faire l’objet d’aucune renonciation ni d’aucun compromis avec ceux qu’il a qualifiés de vestiges de l’ancien régime et d’infiltrés au sein de certaines institutions.
Saïd a précisé que l’État ne cherche pas à se venger des personnes concernées par ces dossiers, ni à les maintenir en prison ou à les pousser à rester à l’étranger, mais vise avant tout à rétablir les droits et à récupérer les fonds dus au peuple.
Il a ajouté que la fuite à l’étranger ne dispensera pas les personnes impliquées de leur responsabilité, et que les fonds ou les interventions que pourraient leur fournir certaines parties ne les protégeront pas d’une mise en cause, selon les termes du communiqué de la présidence rapporté par le journal.
Ali Abbas avait été nommé président de la Commission nationale de la réconciliation pénale en juin 2026, dans le cadre d’une nouvelle tentative visant à redynamiser ce processus et à accélérer l’examen des dossiers qui lui sont soumis.
La conciliation pénale repose sur la restitution des fonds provenant d’infractions financières et économiques en échange du règlement de la situation juridique des personnes concernées, conformément aux procédures et aux règles prévues par la législation tunisienne.
