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Le coût de la gestion des déchets ménagers en Tunisie devrait monter en flèche au cours des prochaines décennies, les estimations suggérant que la facture totale pourrait tripler d’ici 2050 par rapport à la situation actuelle, en raison de la croissance démographique, de l’augmentation de la consommation et de l’inadéquation des infrastructures.
Selon une étude récente préparée par le ministère de l’environnement en collaboration avec des partenaires internationaux, la quantité annuelle de déchets ménagers en Tunisie dépasse actuellement 2,8 millions de tonnes et devrait atteindre entre 7 et 8 millions de tonnes d’ici le milieu du siècle si la situation actuelle se poursuit sans changements radicaux dans les politiques de gestion des déchets.
L’augmentation des coûts : En quoi cela consiste-t-il ?
Le coût total de la collecte, du transport, du traitement et de la mise en décharge des déchets devrait passer d’environ 400 millions de dinars par an actuellement à 1,2 à 1,4 milliard de dinars par an d’ici 2050 (à prix constants), avant prise en compte de l’inflation ou de tout coût supplémentaire résultant du changement climatique ou de l’augmentation des prix de l’énergie.
Les principaux facteurs contribuant à cette hausse attendue :
- Les volumes de déchets augmenteront de 150 à 200 % au cours des 25 prochaines années
- Maintien d’une dépendance quasi-totale à l’égard des décharges non contrôlées ou des décharges non conformes aux normes
- Coûts de transport élevés en raison de la distance entre les décharges et les centres de production
- L’urgence de créer de nouveaux aérodromes de contrôle et des centres de tri et de traitement
- Pression croissante sur les budgets municipaux, qui supportent la majeure partie des dépenses
Solutions proposées pour minimiser les hausses de factures
L’étude a confirmé que l’adoption d’un modèle d’économie circulaire et la mise en œuvre du tri à la source et de la valorisation pourraient réduire les coûts futurs de 30 à 45 %. Parmi les solutions proposées :
- Extension des programmes de tri à domicile et de tri centralisé
- Mise en place d’usines de valorisation pour convertir les déchets en énergie ou en matériaux réutilisables
- « Prélèvements sur les producteurs et les consommateurs au titre du principe « pollueur-payeur
- Développer des partenariats public-privé pour financer et gérer des projets
- Optimiser la collecte des déchets et minimiser les distances entre les points de collecte et de traitement
Mise en garde contre une « catastrophe financière et environnementale ».
Qualifiant la situation actuelle de « non durable », l’étude prévient que la poursuite de l’approche traditionnelle de collecte et de mise en décharge sans valorisation entraînera une grave crise financière pour les municipalités, ainsi qu’une sérieuse dégradation de l’environnement, une augmentation des émissions et une contamination des eaux souterraines.
Cette étude est l’un des premiers documents officiels à chiffrer de manière relativement précise le coût futur de la gestion des déchets en Tunisie, et constitue un appel clair à accélérer la transition vers un modèle d’économie circulaire dans le secteur des déchets.