Le président syrien Ahmad al-Sharaa a affirmé que son pays s'efforçait de parvenir à un accord de sécurité avec Israël, estimant que cette démarche pourrait ouvrir la voie, à terme, à une paix globale entre les deux pays, sans porter atteinte au droit de la Syrie sur le plateau du Golan occupé.
Dans une interview accordée à la chaîne Al-Jazeera, M. Al-Sharaa a déclaré que Damas cherchait à mobiliser un grand nombre de pays afin de faire pression sur Israël pour qu’il adopte une politique plus équilibrée à l’égard de la Syrie, soulignant que son gouvernement s’efforçait d’éviter tout affrontement militaire.
Il a précisé qu’un éventuel accord de sécurité ne signifierait pas pour autant renoncer à la revendication du Golan, occupé par Israël lors de la guerre de 1967, avant que ce dernier n’en annonce l’annexion en 1981.
Les déclarations du président syrien interviennent alors que les tensions persistent à la frontière, après que les forces israéliennes ont pénétré sur le territoire syrien à la suite de la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, et pris le contrôle de sites stratégiques, notamment certaines parties de la zone démilitarisée et le versant syrien du mont Hermon.
Depuis lors, Israël a mené plusieurs frappes à l’intérieur de la Syrie et arrêté des personnes sur le territoire syrien, justifiant certaines de ses interventions par la protection de la communauté druze dans le sud de la Syrie.
Dernièrement, l’agence de presse syrienne a rapporté qu’un bombardement israélien avait visé le village de Ma’ariya, détruisant un transformateur électrique et provoquant une coupure de courant dans plusieurs habitations.
Les déclarations de M. Al-Sharaa ont coïncidé avec la visite en Syrie du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, la première d’un secrétaire général de l’organisation internationale depuis 2009.
M. Guterres a appelé au respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Syrie, estimant que les violations par Israël de l’accord de désengagement signé en 1974 sont inacceptables et doivent cesser.
Le nouveau gouvernement syrien s’efforce de reconstruire ses relations internationales et d’améliorer la situation économique après près de 14 ans de guerre et des décennies d’isolement sous le régime de la famille Assad.
Concernant la question libanaise, Al-Sharaa a affirmé que son gouvernement n’envisageait pas d’interventions militaires au Liban, malgré le différend historique avec le Hezbollah, qui a combattu aux côtés de l’ancien régime pendant la guerre en Syrie.
