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Le championnat du monde de Formule 1 a annoncé mardi avoir conclu un accord avec le Rwanda pour l’organisation d’un Grand Prix pendant dix ans, marquant ainsi le retour du championnat sur le continent africain pour la première fois de ce siècle. La première édition de cette course devrait avoir lieu au début des années 2030.
L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Kigali, en présence du PDG du championnat, Stefano Domenicali, du président rwandais Paul Kagame et du président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), Mohamed ben Salim.
Lors de la conférence, M. Domenicali a déclaré : « C’est un jour décisif pour la Formule 1 », ajoutant que l’intégration du Rwanda au calendrier à partir de la prochaine décennie signifie que ce sport « courra sur tous les continents habités, afin de rapprocher le championnat du monde des fans plus que jamais ».
Il a poursuivi : « L’Afrique a toujours fait partie de l’avenir de la Formule 1, et nous étions dès le départ déterminés à y revenir de la bonne manière : avec le bon partenaire, un engagement à long terme et une vision claire pour avoir un impact significatif. »
Un circuit de premier ordre près d’un aéroport international
Il y a deux ans, M. Kagame avait annoncé la candidature de son pays enclavé d’Afrique de l’Est, avec des projets de construction d’un circuit dédié de premier ordre à proximité d’un nouvel aéroport international en cours de construction à Bugesera, à environ 40 kilomètres (25 miles) au sud de Kigali, dont l’achèvement est prévu au début de la prochaine décennie.
Le Rwanda deviendra ainsi le troisième pays africain à accueillir une manche de ce championnat lancé en 1950, après le Maroc qui avait organisé une course en dehors de Casablanca en 1958. La dernière course organisée sur le continent remonte à 1993, sur le circuit de Kyalami, au nord de Johannesburg, en Afrique du Sud.
Un impact qui va au-delà du Grand Prix
Domenicali a déclaré que l’accord avec le Rwanda allait bien au-delà de l’organisation d’un Grand Prix, soulignant les retombées économiques et sociales liées au tourisme et à l’investissement, avant d’ajouter : « Pour notre public, c’est un moment particulièrement enthousiasmant », et que « l’Afrique compte plus de 100 millions de fans de Formule 1, et ce chiffre continue d’augmenter à un rythme rapide ».
Le septuple champion du monde Lewis Hamilton, âgé de 41 ans et actuellement pilote chez Ferrari, a affirmé à plusieurs reprises que le moment était venu d’organiser une course en Afrique et a milité en ce sens. Il a déclaré aux journalistes à Singapour au début de la semaine dernière : « J’ai toujours dit qu’il nous fallait un Grand Prix en Afrique. C’est pour moi le continent le plus important et le plus beau. Nous sommes présents sur tous les autres continents sauf celui-là, et il n’y a aucune raison à cela. »
De son côté, l’Afrique du Sud cherche à accueillir une course au Cap ou à Kyalami, et la ministre des Sports, Gayton Mackenzie, a récemment déclaré que cela restait possible. Il a écrit sur la plateforme X la semaine dernière, alors que les informations faisant état d’une annonce imminente se multipliaient : « Nous nous réjouissons du Grand Prix de Formule 1 au Rwanda en 2030. Ils y travaillent depuis plus longtemps que l’Afrique du Sud et le méritent. »
Elle a ajouté dans le même message : « Certains réagissent comme si un continent de 55 pays ne pouvait accueillir qu’une seule course », soulignant que l’Italie accueillait jusqu’à récemment deux courses par an, laissant entendre que l’Afrique du Sud pourrait rester dans la course.
La reconstruction après le génocide de 1994
Kagame a été salué par les dirigeants occidentaux et régionaux pour avoir contribué à mettre fin au génocide qui a frappé le Rwanda en 1994, et pour avoir reconstruit le pays afin d’en faire une destination attractive pour les investissements et l’aide internationale.
En revanche, il fait l’objet d’accusations selon lesquelles il mènerait une campagne contre ses détracteurs dans le pays et soutiendrait le groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo voisine, que les organisations de défense des droits de l’homme tiennent pour responsable de meurtres, de viols et d’autres exactions.
La campagne touristique « Visit Rwanda » a fait rayonner le nom du pays dans le monde du football grâce au parrainage de clubs, mais aussi dans ceux du basket-ball et du cyclisme, le pays devant accueillir les Championnats du monde de cyclisme sur route en 2025, du Congrès de la FIFA en 2023 et de la cérémonie de remise des prix de la Fédération internationale de l’automobile en 2024.
Kagame a déclaré : « Aujourd’hui, c’est le grand jour pour l’Afrique. Depuis plus de trois décennies, le plus grand championnat automobile du monde se déroulait sans cette continent, mais cet accord change la donne. » Il a ajouté : « Ce partenariat de dix ans est un investissement dans l’avenir du Rwanda. Le circuit… ainsi que le nouvel aéroport international, apporteront des emplois, des compétences, du tourisme et de nouvelles opportunités commerciales à notre pays et à notre région pour les décennies à venir. »
